Descendre la rue de Charonne avec du metal sur les oreilles.

Publié le par Gromitflash

Je ne parlerai pas de ce qu'il s'est passé les derniers jours. Je n'ai pas écrit non pas parce que je n'avais rien à écrire mais surtout parce que je n'avais pas la motivation pour écrire. Propos étrangement incohérent, aussi passons.

J'écris au milieu de l'après midi avec la gueule de bois, des rêves donnés par l'alcool et le stress d'un partiel qui arrive au grand galop. Les semaines précédentes ont vu le CA de l'ANESF, l'organisation d'une fête pour le 18 décembre et  diverses joyeusetés faluchardes (ma marraine qui va me tuer par exemple). C'est pas grave ...

Donc en sautant tout cela et bien plus encore (je n'ai pas parlé encore de mes tentatives de drague avortées mais ça ne vous interresse pas), j'en reviens à la soirée d'hier.

Hier c'était le Téléthon.
Et moi j'étais sur le plateau avec Laure, notre super VP Prévention qui a fait un boulot terrible pour le téléthon.
Le plateau du téléthon, c'est d'abord les coulisses qui ressemblent à une fête étudiante sans le cul et sans l'alcool. Ca chante, ça danse, ça rigole ... et ça part dans des délires qui ne sont pas compréhensibles pour le commun des mortels. Dur dur ... entre les private jokes sur les succès de la FAGE à Strasbourg et les chorés d'HEC ... mouais bon censure.
Après avoir poireauté une bonne heure à côté de l'entrée fauteuil et des parents éplorés (parce que tous les parents sont éplorés), on nous a fait sortir dans le froid avec juste notre chtite blouse sur le dos. On nous a donné les consignes ("Surtout on fait gaffe où on marche bordel !" "Quand je fais ça, il faut avoir un air grave/rigoler/faire du bruit") et les gentils assistants de réalisation, nous criant dessus, nous, pauvres figurants, nous on fait patienter une bonne douzaines de minutes.
Puis c'est la porte du hangar qui s'ouvre, c'est le plateau du téléthon qui se montre, le publique, les myopathes, les parents éplorés et les présentateurs faux cul. C'est la télé coco, c'est le show-bizz. Non ça n'est pas incongru de montrer le même myopathe tous les ans pour faire pleurer les chaumières, on promet 50€ et le myopathe retourne à l'oubli avec ses parents éplorés sous l'oeil mouillé par un maquillage spécial du présentateur. Les 50€ c'est l'exorcisme de la culpabilité française, ce qu'on donne tous les ans pour se donner bonne conscience n'est-ce pas ? Parce qu'ils ne mettront jamais les pieds dans un service de pédiatrie pour regarder des gosses se battre contre des maladies orphelines.
On entre donc. HEC présente ses 19 000 €, les présentateurs sont heureux. La FAGE présente ses 300 000 €, là on est plus dans le même gabarit. Paillettes, jauge géantes, écrans, néons, lasers, publique endiablé, fanfare, musique et lumières flashis. Nous on est docile : on fait du bruit, comme si on était vraiment heureux d'y être. Oui le plus important c'était avant avec les filles de l'asso qui se sont démenées toute la journée de Vendredi et de Samedi pour récolter les sous qu'on amène. Nous on est que des acteurs : des belles gueules à montrer à une France abrutie pour lui faire croire que les étudiants sont heureux de vivre et content de tout.
Pseudo fête de 3 minutes sous les yeux de quelques nains en fauteuils roulant et d'un pauvre garçon au crâne rasé (Mr Corde Sensible), et puis on passe à la pauvre petite Caroline qui est depuis 8 mois à l'hôpital Necker.
Les lumières s'arrêtent, la fête est finie, les présentateurs poussent des soupirs de soulagement, regardent leur montre et on entend un "Ouf, plus qu'une heure de corvée sortir d'une bouche connue". La réa nous fait un "Bon les étudiants, vous vous cassez, on attend les pompiers", et dans un coin de coulisse deux assistants plaisantent avec la dernière blague à la mode.

C'est quoi le plus dur pour un myopathe quand il passe le permis ?
D'atteindre 18 ans.


Bon goût et raffinement. Il faut se dépécher sinon on risque de louper le dernier métro. C'est qu'il faut arriver Porte de la Chapelle avant qu'il nous laisse sur le carreau.
Rencontres en tout genre, trajet en métro (ligne 12 puis ligne 2) et je laisse les FAGEiens à Avron pour redescendre chez moi. Une petit trotte avec un passage au Bar Sans Nom.
Le BSN, toujours le même endroit pour finir une soirée. Je bois, j'oublie le début de la soirée et je discute avec ceux qui sont là à chaque fois. Il y a eu un anniversaire en bas et Rémi parle avec des retardataires qui ont loupés le dernier métro d'une bonne demi-heure. La salle est encore à moitié pleine de noctambule parisien éthyliste (de gauche ou de droite, ne soyons pas sectaires) qui boivent à la santé de l'ancien monde qui tient encore debout (parait-il) et au bar cela discute avec Georges de politique, d'économie internationale et de finance. Françoise garde un oeil sur les clients et une chercheure en Africanisme m'explique en long large et travers que la recherche en France est dans la merde et que de toute façon les labos de Science Humaine sont meilleurs que les labos de Science Dures et donc qu'ils auront plus de subventions.
Grand débat sur la vie, la santé et la maternité (je commence à en voir moi, de la maternité) et les cultures qui meurent et se font oublier devant l'uniformisation de la société. Tragique ou non, moi ça me fait un petit quelque chose (ou je l'écris pour me donner bonne conscience).

Tout ce que je sais c'est que le monde change et que l'homme s'adapte ou meurt.
Ce que je sais aussi c'est qu'écrire avec la gueule de bois n'arrange rien, surtout après les pires rêves que j'ai fait depuis un bail.

Publié dans Vie d'Etudiant

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KK. 28/12/2008 14:00

Bizuth sait pas licher....
Je disais ah oui Bon courage pour tes partiels et je me souhaite aussi bon courage pour mes partiels que j'ai toujours pas commencé à réviser et qui ont lieux dans 1 semaine.