China Mièville / Incarnation

Publié le par Gromitflash

J'avais prévu une fiche de livre, il va y en avoir plusieurs en réalité. Parce qu'il ya plusieurs livres.
Commençons par China Mièville.

Je l'ai découvert dans Bifrost (j'en ai pas encore beaucoup parlé) et j'ai dévoré son bouquin sur la Nouvelle Crobuzon, Perdido Street Station. Le personnage principal est en fait la ville elle-même qui fourmille de détails, d'histoires, d'anecdotes : c'est un exemple de maitrise d'univers.

L'histoire est celle d'Isaac, un scientifique (un vrai hein ... quoique ...) qui touche à la mécanique, aux maths, à la Chymie et Taumaturgie qui est chargé par un Garuda (un homme aigle) de lui redonner des ailes (qu'il a perdu pour avoir privé quelq'un de son choix). Cette histoire de choix est expliqué dans une scène déchirante à la toute fin du roman ... je n'explicite pas !
De nombreux personnages viennent enrichir l'intrigue qui parle de drogue, d'araignées géantes, d'homme cactus ou scarabé ... Et bien entendu viens en toile de fond la ville. Ou est-ce le scénario qui est la toile de fond ?

La Nouvelle-Crobuzon va être le théatre de nombreux évenement. Son régime n'est pas vraiment démocratique et s'émaille d'exemple de répression policière (la milice qui se trouve partout et surtout où on ne s'y attend pas) et la peine de justice est la recréation. Le recrée est modifié selon la fantaisie ou le délire malsain du juge qui ordonne la recréation : je vous donne des mères qui se font greffer le corps de leur enfant sur le visage ou la jambe, les hommes à qui on remplace les jambes par des roues et les bras par des fusils d'assaut ... la ville est suffisament loufoque comme ça avec son mélange de race, de magie et de science, de quartier ....
Le livre est agrémenté d'une carte qui par ailleurs ne sert strictement à rien ... ça arrive je crois.

Cette lecture est vraiment un mélange agréable, un livre univers à lire pour lui tant il est dur de le considérer où comme de la science fiction ou comme du fantastique. Ce trans-genre est un des plus beaux exemple de destruction des frontières entre les genres historique, une belle leçon de cette littérature de l'imaginaire qui a du mal à s'installer dans les mentalités.

Pour passer du coq à l'âne, parlons d'Incarnation de Xavier Bruce.
5 personnages, hommes et femmes, sont réunis dans une usine de charcuterie désaffectée par un même homme : Antonin Fabrio. Chaque personnage lui est lié, à ce vieux, très vieux réalisateurs de séries B ou Z d'horreur dont les épouses ont connu des fins tragiques.
Ces personnages ont acceptés de participer à son dernier projet, ils vont devoir subir une bio-incarnation et vont subir des choses qui vont les pousser dans ce sens. On a de tout les types de personnages (très approfondis j'ai trouvé) et des situations extrèmes. On assiste avec délice et effroi à toutes les épreuves qu'ils traversent, tous les pièges qui leur sont tendus.

Sans réveler l'ensemble de l'intrigue, on peut voir dans le livre de nombreux éléments qui peuvent faire penser au cinéma d'horreur. D'abord l'atmosphère du lieu (un labyrinthe industriel très froid, très chaud, très flippant surtout), certains personnages qui sont vraiment ... typés, et puis le background de cinéma et d'ancien acteur (ou bioacteurs ?) qui participent au jeu.

Le roman est bien mené, bien écrit. On passe d'un personnage à l'autre sans que cela soit forcement destabilisant, et on entre peu à peu dans le jeu nous même.
Elément fantastique qui peut surprendre : le genre de lien psychique qui unit le narrateur avec le reste des personnages. On ne se l'explique pas, on n'a pas de justification ... c'est là ... c'est justement ce qui ajoute le fantastique dans le roman.
Seul reproche : court. Beaucoup trop court.
Un auteur à surveiller : si le premier roman ressemble à ça, alors j'ai hâte de voir le prochain.

Publié dans Fiches de livre

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