Depression

Ceci est une trace. Non pas une trace de pneu de ma conscience (quoique) mais un élément d'introspection que personne ne verra jamais vraiment sauf par hasard.
Cette page a été commencée le Samedi 7 Février 2009 à minuit cinq. J'ai vingt et un an dans trois jours et comme toujours à ce moment j'ai peur.

Je m'abrite derrière mon bouclier du mieu que je peux. J'ai l'air parfois hautain, parfois supérieur. Si les gens se sentent en faiblesse ils ne peuvent pas me frapper n'est-ce pas ? Cela fait maintenant plus de cinq ans que je n'ai pas eu de problème grave, on dirait que le collège n'est en fait qu'un mauvais moment à passer pour tout le monde.

Comme tous les ans à cette date, je me retrouve avec une tuile.
Ceci est une page blanche.
Elle me nargue, elle m'ennuie.

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Oui je sais, je gagne juste du temps.

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J'ai pris conscience de ma mortalité.
J'ai pris conscience de ma mortalité aujourd'hui, enfin hier, dans un service de Cardiologie de l'hôpital Cochin, au milieu de vieux et de messieurs pleins de séquelles neurologiques qui ne trouvent plus leur chambre.
Le personnel soignant est cruel. Pour passer du coq à l'âne, j'ai compris pourquoi les infirmières n'aiment pas les sage-femmes, pourquoi les infirmières n'aiment pas les aide-soignants et comment les aide-soignants se soignent. Après cette appartée sur le personnel médical, revenons à ma mortalité.
Je mourrai un jour. Certes ça n'est pas une découverte ... mais c'est une prise de conscience.
Oui toi l'éventuel et improbable lecteur, tu sais ce que tu es mortel, tu sais, tu as la certitude au fond de ton petit coeur, que tu mourras un jour. Demain ou dans soixante ans, mais tu mourras. Et moi aussi. Pas de problème jusque là, mais un jour on regarde en face un homme de cinquante trois ans et cet homme déboussolé tente d'arracher sa sonde urinaire parce qu'il n'est pas présentable pour aller au bureau, et ce jour là je me dis que ça pourrait être mon père, que ça pourrait être moi dans une trentaine d'année ; et quand on sait que cet homme est au début de la fin et que bientôt l'accident vasculaire cérébral le fauchera dans le mois suivant, on voit la tristesse qui pointe et la mort qui montre son nez.
La mort est là et rigole.
Et son rire transperce mon âme.

à suivre ?